Cercle Kibukan


Dojo de Paris 12e

   

TAIKIKEN


Taikiken est l'appellation commune de TAI KI SHISEI KEMPO

Tai: grand (au sens d'immense, d'inépuisable)
Ki: énergie - souffles (chi ou qi en chinois)
KEN: Ecole de combat

Le Taikiken vient du Ta Cheng Chuan (qui prit par la suite le nom de Yi Chuan pour la pratique en Chine communiste) qu'apprit Maître Ken'ichi Sawai lors de son long séjour en Chine durant les années qui ont précédé la deuxième guerre mondiale.

  • Comment le Taikiken se situe-t-il parmi les arts du combat ?

C'est un Budo japonais : les notions de Hara, de Ki, de Zanshin, d'aspiration à la perfection de soi, de respect du partenaire ... sont très présentes.

C'est un art interne : les qualités physiques ne sont celles que l'on souhaite solliciter en premier lieu et développer par l'entraînement (la relaxation sont celles demandées par exemple en Tai-chi-chuan)

C'est un art de combat 'contact' : l'élève doit réaliser qu'il trouvera, tout au long de sa progression, des partenaires de combat qui le frapperont sans beaucoup de retenue. Tout comme le Kyokushin, dont le fondateur Maître Oyama a été un proche de Maître Sawai, cette vision de l'art martial met en avant que l'essence véritable du Budo ne peut apparaître que dans des situations de combat réalistes Le combat souple où les coups sont contrôlés est donc par nature exclu, puisqu'il y a refus de se situer dans une simple mise en scène du combat qui dénature l'approche mentale du combat Plus que le rituel du gestuel de combat, c'est la pression psychologique (le stress) lié à sa dureté qui intéresse

  • Le Taikiken : un art interne :

La source d'efficacité pour l'adepte se trouve :

dans l'utilisation et la manifestation de son KI et non de sa force musculaire
dans sa tranquillité d'esprit, sa vivacité, son potentiel d'anticipation (Zanshin) plus que dans son agressivité
dans ses capacités de défense plus que d'attaque

Les paramètres du type taille, poids, âge et sexe ne sont pas de première importance (Maître Sawai était petit, léger et très vieux à la fin sa vie (85 ans), tout en étant un combattant d'exception!)

  • Le Taikiken : un art de combat :

Ce n'est pas seulement une sorte de Chi Kong japonais, mais une école de combat (KEN) qui propose une approche tout à fait unique du Budo. Tout comme le Yi Chuan des années 30-40, il met en avant l'inutilité d'une maîtrise des gestes techniques (Katas ou Taos) qui ne servent pas à grand chose dans des conditions de combat réel (Avant d'apprendre le Yi Chuan, Maître Sawai était déjà un combattant redouté, haut gradé dans plusieurs Budo japonais; Budo dont il a pu constater l'inutilité face à un adversaire de grande valeur).

Pour nous obliger à trouver en nous, de façon instinctive et spontanée, le geste et la posture juste en combat, le Taikiken ne nous propose pas d'apprentissage technique La gestuelle se limite à la déclinaison de mouvements circulaires et à l'adoption de quelques principes de base touchant aux appuis et aux sensations de défense.

  • La pratique du Taikiken

Le travail en solo : La source d'efficacité se trouvant dans la manifestation du Ki, les exercices sur les souffles sont, de fait, très importants Il s'agit d'un travail essentiellement postural appelé Ritsu Zen , puis de marche lente (Hai) et de gestuels circulaires (Yuri) ..., que l'adepte doit intégrer dans sa vie quotidienne.

C'est le cœur du travail de Taikiken; il demande beaucoup de régularité et un investissement en temps plutôt important

Les objectifs sont multiples :

Comme tout art interne, sa première vocation est le maintien du corps en bonne santé (partie Chi Kong)

Pour le combattant, cela signifie notamment :

Un corps en condition physique telle qu'il lui permette de gérer l'épreuve que sont les combats durs contre des adversaires de valeur

Accroître ses facultés de récupération (hématomes, douleurs diverses que génère invariablement le combat contact), de manière à pouvoir combattre régulièrement Ces facultés de récupération sont liées à notre métabolisme et déclinent donc de façon importante avec l'âge Le maintien de ces capacités de récupération est pour le pratiquant le premier indicateur de la qualité de sa pratique interne

Conserver des capacités de dynamisme physique et nerveux telles qu'elles lui permettent de continuer de combattre tout au long de son existence, même âgé, tant qu'il se dit pratiquer le Taikiken tout au moins

Un investissement sur le travail sur soi (les qualités mentales et morales de l'adepte), sans lequel il est difficile d'envisager une pratique de type méditatif, en solitaire et quotidiennement sur de longues années

Le travail sur les énergies (postural & marche) est également destiné à préparer l'adepte à gérer le stress du combat et à mieux percevoir l'adversaire ; c'est donc dans un environnement 'psychique' très particulier qu'il se réalise Comme dans tous les art internes, c'est la partie un peu secrète de l'enseignement permettant de lier travail sur les énergies et son utilisation en combat

  • Le travail au club :

Il s'agit principalement d'un travail avec partenaire. Il n'y a pas à proprement parler de techniques Taikiken; les exercices proposés ont plutôt pour mission de permettre au combattant de tester ses conditions de réactivité, de spontanéité dans des situations variées de combat réaliste. Des gants de sacs et des protège-tibia sont utilisés afin de limiter la dureté des impacts. Dans ces conditions, une expérience (en parallèle ou préalable) du combat contact paraît une nécessité pour aborder sereinement cette expérience

  • A qui s'adresse le Taikiken au Cercle Kibukan ?

Mélange de Chikong postural (qui place l'adepte face à lui-même lors de milliers d'heures d'une méditation solitaire par lesquelles il lui faudra passer pour développer ses capacités relatives au Ki) et d'art de combat 'contact' (qui le mettra face à ses peurs et à ses douleurs) la pratique du Taikiken n'est pas des plus faciles Art de combat qui ne propose pas de techniques spécifiques pour accompagner l'élève dans sa progression, mais qui le place d'emblée dans des situations de grand stress d'où la seule issue semble être l'utilisation des capacités mentales développées dans la posture, la pratique du Taikiken nécessite des motivations solides ... et durables

On peut citer comme éléments de motivation :

  1. se sentir concerné par les qualités développées par l'art du combat contact : gestion de ses peurs, de son agressivité ... A défaut, il vaut mieux s'orienter sur une pratique plus douce comme celle que proposent Tai-chi-chuan, Aïkido, ...et tout aussi enrichissante pour l'élève

  2. arriver dans une certaine maturité de son expérience en art du combat, pour admettre que la solution attendue viendra plus d'un travail de type interne que de l'accroissement du potentiel physique (sans issue sur le long terme -tout le monde vieillit- et épuisant pour le corps à moyen terme) ou d'une maîtrise d'un bagage technique (illusoire car elle n'a pas donné satisfaction dans une, ou des, précédentes pratiques). A défaut, il existe toute une palette d'arts martiaux, externes et internes, dont la maîtrise d'un plus ou moins imposant bagage technique conditionne l'efficacité du pratiquant

  3. réaliser qu'une pratique de type interne a de peu de chances d'être efficace si elle ne permet pas à l'adepte de se confronter aux autres pratiquants dans une situation de violence, (mais dans un environnement amical; c'est tout le contraire du combat de rue). A défaut, il est préférable de s'orienter sur d'autres clubs (et il en ait quelques uns de très bon niveau) où l'apprentissage est moins centré sur le contact par frappes et plus focalisé sur les poussées de mains (moins violentes), ou sur des confrontations plus souples (pour permettre une pratique à un plus grand nombre).

  • L'itinéraire du professeur :

Commence le Kyokushin et le Taikiken avec Maurice Portiche au début des années 1970, à 14 ans.
Première expérience d'enseignement : Université de Paris X Nanterre et Institut de Langues Orientales en 1975
Plusieurs séjours au Japon au Dojo central de Kyokushin à Tokyo (7 mois au total).
A tâté de plusieurs sports de combat (Boxe anglaise, thaïlandaise), et arts internes (Tai-chi-chuan, Chikong, Yi-Chuan).

Cette expérience pluridisciplinaire l'a amené à un enseignement global de l'art du combat dont la base suit cependant les principes du Taikiken énoncés plus haut.

à suivre...


Dojo Kyokushin - 15 rue de la Nouvelle-Calédonie 75012 Paris
Contact: 06 15 64 04 48

Karate Kyokushin - Mardi & Vendredi 20h / 22h
Taikiken - Samedi 12h / 13h30

Tarif spécial étudiants et chômeurs